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    La moitié des emplois créés au Maroc en 2012 sont des contrats ANAPEC !




La moitié des emplois créés au Maroc en 2012 sont des contrats ANAPEC !

Envoyé par : abdelali88 le 04/03/2013 10:47:35

En 2012, on l’a déjà rapporté ici, il y a eu 127 000 emplois créés et 126 000 perdus, soit un solde positif de 1 000 emplois ! Un niveau historiquement bas. Ce que l’on ne savait pas, en revanche, c’est que 30% des 127 000 emplois créés relèvent du dispositif “Idmaj”, ou contrat d’insertion, géré par l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Cela montre toute l’importance de ce mécanisme d’encouragement au premier emploi, mis en place sous sa nouvelle version en 2006 et reconduit, dans la Loi de finances de cette année, jusqu’au 31 décembre 2016.

Selon des statistiques fournies par l’agence, en effet, 55 399 insertions ont été réalisées au titre de l’année 2012. Sur ce total, près de 70% l’ont été dans le cadre du contrat insertion, soit 37 671. Le reste étant constitué de contrats à durée déterminée (CDD) pour 28% et de contrats à durée indéterminée (CDI) pour 4% ; l’ANAPEC, pour rappel, s’occupant également des placements relevant du droit commun.

Au total, les créations d’emplois en 2012 sont, pour moitié quasiment, des contrats ANAPEC. Cela appelle une double observation. D’une part, le recours à cet organisme indique une évolution intéressante dans la qualité des emplois offerts, sachant que les 126 000 emplois détruits sont des emplois non rémunérés alors que les 127 000 créés sont des emplois rémunérés, avec, qui plus est, un contrat à la clé, du moins pour ceux conclus avec l’agence. D’autre part, et c’est la deuxième observation, l’importance (près de 70% comme déjà indiqué) des contrats “Idmaj” peut laisser penser que les entreprises ont trouvé là un moyen très intéressant pour employer à moindre coût. Rappelons ici que quand une société recrute un candidat ANAPEC dans le cadre du contrat insertion, elle est exonérée, pendant deux ans, des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu à hauteur de 6 000 DH par mois. En cas d’intégration définitive du lauréat dans l’entreprise, celle-ci bénéficie des mêmes exonérations pour encore douze mois. Dans certains milieux, syndicaux notamment, on s’inquiète de ce que les entreprises peuvent être tentées d’abuser de ce mécanisme en recrutant pour deux ans seulement afin de bénéficier des avantages de l’exonération. Ces craintes, cependant, ne sont pour l’instant appuyées par aucune étude ou enquête.

On sait en revanche, selon une enquête réalisée par le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, que 75% des bénéficiaires de contrats “Idmaj” ont réussi à obtenir une insertion durable. Toutefois, l’enquête ne dit pas si ces insertions durables sont obtenues au terme du stage de deux ans et dans les mêmes entreprises où les lauréats ont effectué leur stage, ou ailleurs. 

3,7 mois en moyenne pour trouver un emploi

Autre indication de l’enquête du ministère de l’emploi, 46% des bénéficiaires des contrats d’insertion n’achèvent pas leur stage dans l’entreprise d’accueil ; ce qui pourrait signifier que ces candidats ont probablement obtenu, entre-temps, une offre meilleure dans une autre entreprise, ou bien ne veulent pas continuer le stage en raison soit du faible niveau du salaire octroyé, de l’absence de couverture sociale, ou des deux à la fois. L’inexistence de la couverture sociale pour les bénéficiaires de contrats d’insertion est d’ailleurs souvent appréhendée (par les syndicats mais pas seulement) comme le talon d’Achille de cette mesure. Bien évidemment, il n’est pas question d’exiger cette couverture de l’entreprise qui recrute dans le cadre de ce contrat (ce serait remettre tout simplement en question son attractivité), mais peut-être de… l’Etat. C’est du moins ce que certains suggèrent, mezza-voce. Mais vu la situation financière de l’Etat en ce moment, la suggestion a peu de chance d’être entendue.

Au-delà des améliorations possibles dont il pourrait faire l’objet, le contrat “Idmaj”, cependant, a déjà une vertu indéniable : il réduit substantiellement le handicap majeur dont souffrent les primo-demandeurs d’emplois, à savoir le manque d’expérience. C’est d’ailleurs l’objectif premier de ce contrat : assurer l’employabilité des jeunes diplômés (de la formation professionnelle ou de l’enseignement supérieur) dont les candidatures à un emploi sont souvent rejetées pour manque d’expérience. Donc, ce contrat apporte une première expérience dont l’impact positif apparaît dans l’enquête du ministère de l’emploi précédemment signalée. Cet impact positif, c’est l’accès plus rapide à l’emploi : il faut en moyenne 3,7 mois pour un bénéficiaire du contrat d’insertion pour accéder à un emploi durable, contre douze mois pour les non-bénéficiaires. Cela explique sans doute que le nombre de bénéficiaires des contrats ANAPEC augmente annuellement de 10% en moyenne, pour atteindre, en cumulé, 340 000 sur la période 2006-2012 (voir graphe). Sur ces 340 000 insertions, 55% sont des contrats “Idmaj” et 45% des contrats de droit commun.

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